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PRÂNÂYÂMA et PRATHYAHARA
Le Prânâyâma issu du mot Prâna désignant l’énergie vitale, cosmique, qui imprègne toutes les choses et chaque être, regroupe divers exercices respiratoires visant à contrôler cette énergie. En réalité, le Prânâyâma est plus qu’un contrôle du souffle respiratoire, c’est le contrôle de l’énergie vitale (Prâna) au moyen de celui-ci.
La respiration est vitale. Car, s’il est possible de se passer de nourriture pendant plusieurs semaines et de boisson pendant seulement quelques jours, se priver totalement d’air serait la mort en quelques minutes. Respirer, c’est vivre, et avant de se lancer dans des exercices respiratoires compliqués, il nous faut d’abord réapprendre à respirer, en respirant lentement et de façon paisible en donnant la priorité à l’expiration afin de pouvoir ensuite inspirer amplement.
Par l’attention portée au souffle, nous nous appliquons d’abord à le rendre régulier avec une grande amplitude, pour ensuite le maîtriser progressivement. Cet effort se justifie par la relation intime existant entre la respiration et les états psychiques. En effet, la respiration est généralement irrégulière, arythmique, changeante, superficielle et correspond en fait à un état d’esprit fluctuant et dispersé. Mais par l’attention qu’on y porte, la respiration se ralentit, s’amplifie. Et grâce à cette corrélation étroite, la maîtrise du souffle conduit directement et immédiatement à la maîtrise de l’esprit.
Le souffle maîtrisé, il faut maintenant arriver à se soustraire entièrement du monde extérieur : c’est le retrait des sens ou la maîtrise sensorielle et émotionnelle, PRATHYAHARA. Les cinq facultés de perception (son, contact, forme, saveur, odeur), les cinq facultés d’action (parole, préhension, ambulation, excrétion, jouissance) et la faculté mentale (pensée) doivent cesser d’agir. Car nous ne pourrons nous absorber dans la conscience pacifiée du Soi, tant que nous n’aurons pas maîtrisé l’influence éparpillante des sens.

DHÂRANÂ, DHYÂNA, SAMÂDHI
Après le retrait des sens, le mental doit trouver sa fixité dans Dhâranâ. La fixation de l’activité mentale sur un point précis est la concentration. On ne peut l’atteindre qu’en demeurant fixer sur un seul point : région du nombril, du cœur, la pointe du nez, d’autres points dans le corps, ou sur la respiration, ou bien sur un objet extérieur.
La concentration est, en fait, l’acte de centrer le mental sur une unique pensée. Les divers rayons du mental se rassemblent en foyer sur un seul point. Il n’y a plus ballottement du mental et les sens s’apaisent. Pendant la concentration, l’esprit devient calme, serein et ferme. Lorsque l’attention est parfaitement centrée et immobile, Dhâranâ est atteint.
Dans la continuité de Dhâranâ, la maîtrise de la durée dans la concentration est Dhyâna, état méditatif. Dhyâna n’est différent de Dhâranâ que par le perfectionnement de celle-ci. Quand l’attention s’affermit, les innombrables pensées et distractions diminuent en fréquence et en importance laissant, peu à peu, place à la vacuité par laquelle la clairvoyance va s’affiner. Quand Dhyâna est atteint, l’esprit peut alors se fondre dans SAMÂDHI, état difficile à atteindre, réservé aux plus grands ascètes. La concentration est si parfaite qu’il se produit une sorte de rupture et une autre forme de conscience apparaît : la lumière de la conscience se révèle. Lorsque le yogin atteint cette concentration inébranlable où il perd de vue son identité individuelle, son esprit ne fait plus qu’un avec la nature essentielle de l’objet médité.
Le Samâdhi est l’étape essentielle du Yoga. Etape si difficile, voire même impossible à atteindre pour nous, simples occidentaux, et sur laquelle nous devons travailler constamment avec toute l’humilité que cela sous-entend.
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